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Lucie Delarue-Mardrus à l'honneur dans le "Le Lien", bulletin de la CCPH (Communauté de Communes du Pays de Honfleur)



"L'odeur de mon pays était dans une pomme"...












transmis par Jacqueline Lemonnier, grande amatrice de Lucie Delarue-Mardrus, qui le lui aurait bien rendu !





<--CLIQUEZ POUR AGRANDIR ET LIRE LE POEME DE LUCIE, "LA POMME"



En exclusivité pour "Honfleurissimo!!!" : "Honfleur", par le poète Nicolas Saeys...



Nicolas Saeys, poète natif de Honfleur, nous offre en exclusivité la primeur de son poème dédié à la plus belle ville du monde... Toute l'équipe de "Honfleurissimo!!!" le remercie chaleureusement, en attendant une présentation plus complète de cet artiste pour le moins talentueux et original...






Nicolas Saeys vu par PIBOI ------->









Honfleur
C’est un regard apprivoisé ;
le nôtre, le mien.

Un port frais, bandé de feu.
Des V blancs dans le ciel clair,
des silhouettes dans l’azur brumeux.

C’est un paysage ;
de jaune ou de blanc. Sans noirceur.

Honfleur est le lieu de la naissance.

Je suis né un jour de fête, de repos.

C’était un midi, le dimanche,
nostalgie cristallisante.
ou le midi, un dimanche,
cristallisation nostalgique.

Temps de douleur et de délivrance .

Temps de mort teinté de vie.

L’œil ouvert
d’une vision multiple,
illuminé du monde.

L’enfance
est un pays versifié de mers,
houleux de souvenirs,
s’échouant aux murs du château fort.

Oui. À cet âge,
rien n’est plus fort que les sens,
rien n’est plus faible que les mots.

J’ai déniché la clef de ce rêve

dans la vase du Vieux-Bassin
(combien ai-je sué dans cette aventure),
j’ai remonté la Côte de Grâce,
au-dessus des toits d’argent et d’ardoise.

C’est au clair de lune
que j’ai vu miroiter l’alliance maternelle,
pendue par un cheveu blond,
qui servait de trousseau unique.

Effrayé par ce mystère,
m’envoûtant dans une obscurité
où planait l’ombre haletante
d’une énigme hasardeuse,

j’ai laissé le rêve tel qu’il est,
et sera toujours,
dans les ballets de feuilles mortes,
depuis la hauteur du Mont Joli,
enfermé dans une aube rieuse.

L’œil voit, observe,
jusqu’à n’être plus
qu’un reflet sensible
d’indiscipline et de révolte.

Le réveil
est un appel à la liberté,
Avenue de la République,
avenir des deux côtés
de ma chair et de mon esprit,
face à l’écueil des vents de l’horizon.

J’ai pris conscience
d’une certaine poésie

tel un cœur plongé dans l’idéal
avant d’être recouvert d’une couche d’étain.

Sans art ni langage en ce genre,
j’appris à écouter l’autan,
refrain d’oubli des tumeurs viscérales.

Ce qui ne me paraissait pas définissable
- par le verbe -,
je lui attribuais quelque nature divine.

Parce que le cœur des choses n’est pas verbal ;
le cœur des choses n’est que source de poésie.

C’est un coup de poing spirituel,
apprentissage humiliant l’orgueil des mortels.

N’être ni Dieu, ni créateur, ni parole ;
qu’un homme, créatif, hâbleur,
allant d’un bout à l’autre d’une perception sans découverte.

De quoi se détourner de l’Église Sainte-Catherine,
et de vivre cloîtré sur une île déserte, à l’abri des rictus.

Quand TOUT est perdu d’avance,
que RIEN n’est gagné sans volonté,
il y a de la nonchalance à user d’outils.

Il arriva qu’un soir, au crépuscule,
attentif aux roucoulements d’un volatile,
je demandai à un agriculteur bonhomme :

« Quel est cet oiseau ? »
« C’est le chant de la tourterelle »,
me répondit le paysan.

J’avais usé du verbe comme un objet d’images et d’échos.

Il m’avait l’air au début d’un machin avec des bidules.

Le premier que j’empruntai pour le faire résonner,
je le cassai dans ma boîte crânienne.

« Vous n’avez rien entendu ? »
demandais-je alors aux passants,
qui me prenaient pour un fou furieux.

Les tours d’escamoteurs ne suffisaient pas :
mes jongleries en firent rire plus d’un.

En cognant les objets les uns contre les autres,
décidément, ça ne chantait pas, ça résonnait bêtement.

Si ça continuait,
j’allais régresser à l’état d’homme-singe.

J’avais la volonté de pouvoir,
mais je la commandais.
Elle ne resta pas chez moi très longtemps.

Mais quand je quittai mon bureau,
elle revint de plus belle ;
elle n’était pas claire dans ma tête.

Je me résolus à lui tenir la main
comme un mari résigné.

Les gens me plaignaient en disant :
« quel imbécile !… »

Moi, j’étais content de ce mariage d’appréhension des choses.

Ce n’était pas qu’une volonté humaine, mais une volonté poétique.

Le monde ne s’arrête pas
à l’œil vif ni à l’observation dense.

Je m’agaçai moins à propos du verbe,
tentant de le saisir avec la main,
ou plutôt d’en happer ce que j’appelais « substance »,
d’arracher les faces de l’objet en y cassant mes ongles.

Je m’imaginais qu’un puits interne,
à l’échelle atomique, infinitésimale,
en illuminait les parois, d’où ma recherche profonde.

Dans le miroir,
on s’attache d’abord au reflet,
ensuite à ce qui reflète.

Il y a des mirages formés à partir d’une glace.

La poésie serait un reflet dont la réflexion semble imperceptible.

Il n’y avait pas que cela ;
un jour, la brume et la pluie
qui martelaient la fenêtre de ma chambre

m’engagèrent à parcourir
la place de l’Hôtel de ville,
le poing posé contre le menton.

Que croyais-je y trouver ? Je n’y trouvai rien.
Sauf que les côtés imparfaits brillaient comme un phare.

Ça faisait loin, tout de même.

Un fanal, c’est corrélatif à la forme vivante de l’objet.
C’était un lieu fantasmagorique sans valeur significative.

Lorsque j’écrivis au retour, je ne m’en doutais pas.
Ni du passé, ni du présent, ni du futur.
Il y a pourtant un sens dans le rayonnement centrifuge
que produit l’objet (des polémiques),
qui donne une raison interprétative de l’o
rigine.

Le poète dévierait la projection extérieure
- consciencieusement-,
comme un réfléchissant de lumière vers les lecteurs.
Un réfléchissant ? Ce serait trop beau !
Un réfléchisseur, disons.

Il convient que ce projet demeure fantaisiste :
la poésie est un objet qui n’a pas de forme distincte.

C’est un signe qui n’a pas de graphie,
c’est un panorama dont la couleur est libre.

Je n’aurais pas dû écrire
ce que j’ai écrit, ni écrire ce soi-disant, prétendu poème.

Je voulais signifier le mot " poésie " ;
si j’avais voulu signifier " la poésie ",
j’aurais composé sur une feuille blanche,

j’aurais accompli l’impossible.

C’est ce que Honfleur m’a appris :
plus je m’éloigne d’elle,
plus je suis loin de toute poésie.

J’y reviendrai :
tout aura changé de fond en comble.
J’espère y être
et n’y avoir nulle présence.

Le donjon immortel
ne sera qu’une antiquité en ruines.

Le port ne sera plus le même,
j’aurai voyagé par monts et par vaux,

fort de ce qu’il fut,
étranger à ce qu’il est,
ignorant de ce qu’il sera.

Mon existence : un destin méconnu,
mon œuvre, un testament invisible,
où je pourrai souffler enfin à l’oreille des lecteurs :

« va, ce n’est qu’un rêve. »


Novembre 2007
(tous droits réservés (c))

Un nouvel ouvrage sur Honfleur : "HONFLEUR, Terre de création, Havre des poètes" par Patrick PICORNOT, Aumane PLACIDe et les poètes de FLAMMES VIVES



cliquez pour agrandir la couverture et le texte de la quatrième de couverture
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Les amoureux de Honfleur auront le plaisir de rencontrer dans ces pages les grandes figures poétiques et artistiques de la ville, en sept chapitres :
I - Pour un triangle de paix Honfleur-Québec-Antilles
II - Hommage à Charles Baudelaire
III - Charles Baudelaire : le rêve de Honfleir
IV - Henri de Régnier : l'éloignement de Honfleur
V - Lucie Delarue-Mardrus : l'amour de Honfleur
VI - Katia Granoff : le regard de Honfleur
VII - En rêvant de Honfleur par les poètes de Flammes Vives, dont le Honfleuraus Nicolas Saeys, auteur d'un étonnant "Honfleur", peut-être bientôt en exclusivité pour Honfleurissimo?... ;-)




"Honfleur, Terre de création, Havre des poètes"
Editions Flammes Vives, mai 2008, 15 euros



Et qui donc mieux que le poète saurait être le détenteur et le promoteur d’une langue ? Hommage à Honfleur, certes, ce livre se veut aussi une louange à cette langue française qui sut prendre racine outre-atlantique.

L’immense arc migratoire essaima notre vieil idiome en parcourant du nord au sud les cours du Saint-Laurent et du Mississipi, de Québec à la Nouvelle-Orléans en passant par Saint-Louis. À ce vaste mouvement fluvial s’est ajouté un mouvement maritime, de la Louisiane aux Antilles françaises.

Permettons-nous de rêver à un autre triangle que celui tristement connu du « commerce triangulaire », ou « commerce de bois d’ébène ». Par les mouvances de la langue, célébrons-la pour toutes les expressions de vérité, d’humanisme et de justice.

Par ces sombres temps de divisions, de conflits et de dictatures qui dissimulent leurs noms, oui, osons rêver d’un triangle de paix et de civilisation par une langue commune à la longue histoire : Honfleur-Québec-Antilles.



162 pages

Présentation de l'Association des Amis de Lucie Delarue-Mardrus

Patricia Izquierdo nous livre en exclusivité cette présentation d'une nouvelle association à caractère culturel, de qualité, qui intéressera tous les amoureux de Honfleur et de son artiste la plus notoire : Lucie Delarue-Mardrus :
Cette association Loi 1901, à la fois universitaire et conviviale, a vu le jour le 19 septembre 2007. Son objectif est de promouvoir l'oeuvre littéraire et artistique (plastique et musicale) de Lucie Delarue-Mardrus, une femme écrivain et artiste de la Belle Epoque trop méconnue aujourd'hui. Nous diffusons un bulletin trimestriel d'informations. Une journée d'étude en novembre 2008 à Nancy et un colloque en 2009 sont prévus. A terme, nous voulons rééditer des oeuvres (poésies, romans) en lien avec les Editions de la Lieutenance (editionsdelalieutenance.com) et des inédits. Nous comptons également organiser des soirées poétiques et lyriques (chant sur les partitions de l'auteur, lectures et visionnage du film Le Diable au coeur, adaptation du roman L'Ex voto. Un site Internet est en construction et sera opérationnel à l'automne 2008. L'adresse électronique de l'association est la suivante assoldm@yahoo.fr. La cotisation est de 22 euros. Contact: Patricia Izquierdo (06 62 32 00 02).
(photo Jacqueline Lemonnier (c))

Hélène Plat : "Lucie Delarue Mardrus (une femme de lettres des années folles)"

Quelle vie ! Lire sa biographie, c'est devenir le témoin d'une véritable aventure riche en événements de toutes sortes et en rebondissements.

Elle qui fut pleinement, intensément et partout, repose aujourd'hui, par la force de sa volonté farouche et pour l'éternité, à Honfleur, dans le cimetière Sainte-Catherine. Et son esprit plane et imprègne tout ce que le regard peut saisir d'authentique dans cette ville. Pas seulement la rue et l'hôtel qui portent aujourd'hui son nom, mais ausi les vieilles ruelles, la campagne, l'atmosphère, la mer, la vase...


Elle ? Lucie Delarue-Mardrus!

















Lucie Delarue-Mardrus et Marcel Proust,sentinelles de la Côte fleurie

"Honfleur,Calvados, Normandie, France"...

Quelques mots sur Honfleur et la Normandie : ces noms propres ne sont guère insignifiants pour qui sait se laisser aller aux associations d'idées, d'images...
La Normandie, région à l'identité incertaine, haute et basse, entre terre et mer, s'annonce en "norme" et s'achève en "dandy", façon Baudelaire (hôte de Honfleur) ou Brummel (à la mode de Caen)... Convention et conformisme d'un côté, donc; fantaisie, originalité et transgression de l'autre.
Quant à "Honfleur", qui commence par l'impersonnel "on" (celui de la rumeur, celui des on-dit), il s'épanouit artistement en "fleur", se trouvant par là éponyme d'une Côte dite "fleurie"... Il ou elle? Honfleur le port? Honfleur la ville?
La Côte fleurie, toute de clairs-obscurs, s'étend de Honfleur-"Port Noir" (plus vieilles appellation lisible sur les cartes antiques: Portus Niger ou Portus Icchius) à Cabourg-Balbec, soit de la lumière impressionniste de l'estuaire à l'ombre des jeunes filles en fleurs de la Recherche, entre deux figures littéraires qui semblent garder cette bande de terre contre les assauts tempétueux et dévastateurs de l'Océan.

Ces deux sentinelles ont pour noms Lucie Delarue-Mardrus et Marcel Proust. Certes, leurs notoriétés respectives ne font pas un équilibre, mais la force du symbole l'emporte sur toute autre considération. Si l'on n'a pas à présenter l'homme de la Recherche, on se doit en revanche de sacrifier quelques lignes à Lucie.

A Honfleur, nul ne peut sérieusement écrire sans rendre un hommage appuyé à celle dont l'ombre s'étend sur sa ville natale et sur son port. Partout, dans les ruelles étroites et tortueuses, sous les toits d'ardoises et derrière les murs aux colombages si pittoresques, sous le pavé des voies, elle est là, bien présente.

Elle habite les lieux de sa naissance, qu'elle a su honorer de sa plume avec talent. Lucie, femme de génie et de courage, esprit libre envers et contre tous, indomptable amazone, tendre âme tourmentée, le ciel et la mer te doivent bien des images. Par la plume mieux que par l'épée tu as vécu et tu as su dire ce qui faisait le fond de toi-même, mais aussi ce qui habite chaque être ici-bas: cette incertitude, ce doute, cette hésitation. Ce regret?